L’oubli du droit par Google, une désinformation industrielle ?

Lorsque la Cour de justice de l’Union européenne a jugé le cas Google Spain contre Mario Costeja González, la presse a immédiatement interprété la décision comme un exemple du «droit à l’oubli». Le Monde a expliqué que

un internaute peut demander à un moteur de recherche de ne plus les utiliser si ces informations se révélaient dans un second temps « inadéquates, pas ou plus pertinentes ou excessives ».

La BBC relatait : 

La Cour de justice de l’Union européenne a dit que les liens non-pertinents ou dépassés devraient être supprimés sur demande.

Cette histoire surprenante a rapidement fait le tour du monde. Le seul problème est que cette vision de l’affaire est très partielle.

En réalité, la Cour a expliqué dans son communiqué de presse ainsi que tout au long de son jugement que les seules instances dans lesquelles des résultats pourraient être modifiés seraient celles où le nom du plaignant est directement recherché. Elle n’a jamais demandé aucune suppression de contenu mais seulement d’éviter de faire remonter en première page les informations «inadéquates, non-pertinentes ou dépassées». La cour signale explicitement que la suppression de résultats de recherche parait disproportionnée.

L’interprétation erronée colportée par la presse de la décision de justice paraît avoir été nourrie par le service de communication de Google, qui a directement indiqué être très déçu de devoir supprimer des résultats de recherche, comme la BBC ou le Telegraph l’ont immédiatement rapporté, avant que la presse internationale reprenne en cœur ce refrain.

Bizarrement, on trouve peu de citations directes de Google dans la presse. Reuters cita des «sources anonymes» dans la compagnie et indiqua que Jeffrey Rosen de l’université George Washington avait été invité par Google à répondre à sa place bien qu’il n’ait aucun lien formel avec la compagnie. Un autre universitaire américain, Luciano Floridi, s’empressa de claironner que «l’époque de l’information libre en Europe est arrivée à sa fin».

Autrement dit, ce qui paraît avoir le droit d’être oublié dans l’affaire, ce sont les relations de Google avec la presse.

Tout cela nous amène à nous interroger sur la sagesse de la cour quand à sa décision de laisser Google prendre en charge lui-même les plaintes, mais ne change rien au fait que la cour n’a jamais demandé à Google de supprimer des résultats de recherche. .

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