À ma représentante de la Chambre

Madame la députée ,

Depuis plusieurs années, je constate des dysfonctionnements et des anachronismes dans la pratique du droit d’auteur, c’est pourquoi j’ai contribué au projet « Il faut reformer le droit d’auteur » et la raison pour laquelle je vous écris.

Vous trouverez en sus de cette lettre, le livre qui rassemble les motivations de notre démarche ainsi que des propositions visant à adapter et améliorer le droit d’auteur.

Le produit culturel a toujours fait partie de mon environnement. Je me souviens très précisément du jour où j’ai acheté mon premier vinyle, mon premier CD, DVD… ainsi que le plaisir que j’ai eu en les utilisant. Je possède toujours ces média et j’en ai aujourd’hui des centaines d’autres achetés en toute légalité. Je fais partie de ces gens qui en achètent toujours en 2013. Mais je fais également partie de ceux qui pensent qu’il ne faut pas punir le partage et qu’il est même primordial.

Encore aujourd’hui, l’inspiration est partout et sur l’Internet plus que jamais. Tous les outils existent pour que chacun puisse créer et partager le fruit de leur travail. Ce foisonnement de créativité est extrêmement précieux car il fait tomber les barrières érigées entre les classes sociales. Pourquoi le contraindre par des lois ?

Que les œuvres puissent être vendues par leurs auteurs est naturel. Mais pourquoi discriminer ceux qui ne pourraient pas y avoir accès pour des raisons financières ou sociales? Des exemples d’autres méthodes d’accès aux œuvres existent comme par exemple le site http://www.jamendo.com/fr/ . Ce site permet aux artistes d’avoir un réel contrôle sur leurs productions notamment sur la mise à disposition à tous mais aussi sur l’obtention d’une rémunération plus juste et déterminée par eux.

Les verrous, les interdits, sont des freins à la création mais aussi des moteurs de rébellion. Dire que le partage tue la culture est un non sens. La culture est liée à l’humanité, pas aux droits d’auteurs. La culture pourrait survivre à l’économie et à l’argent…

Mais au fait ; À qui profite réellement les bénéfices de la vente d’œuvres ? À leurs créateurs ? Ou à l’une des trois majors et leurs intermédiaires, avec lesquelles les artistes sont contractuellement liés voir emprisonnés ?

L’argumentation selon laquelle ce sont les artistes qui subissent les conséquences du téléchargement est fausse. Seuls les « gros » artistes gagnent de l’argent dans le système actuel. Ils ne sont qu’une poignée comparativement aux nombreux autres sous contrat avec ces géants de l’industrie du multimédia.

Dès études très sérieuses ont démontrés, d’une part, que les créateurs sont de loin les moins rémunérés sur leur propre travail mais aussi et surtout que ce sont les intermédiaires, les états(via les taxes) ainsi que les dites majors qui en tirent de réels profits.

D’autre part, d’autres études tout aussi sérieuses, ont mis à jour que la plupart des personnes qui téléchargent « illégalement » sont aussi celles qui achètent le plus ; En particulier, les « éditions limitées », beaucoup plus coûteuses et donc plus rentables. En fait, ces personnes actent comme on le fait lorsque l’on goutte un fruit au magasin avant de l’acheter.

Au final, catégoriser et stigmatiser l’ensemble des personnes qui téléchargent comme « pirates » est une erreur ! Seul une minorité d’entre elles en tirent profit ; Ce sont eux les vrais pirates !

De plus, je trouve très ironique que les mêmes sociétés qui se cachent derrière leurs groupes de lobbyistes afin de crier « au vol », sont aussi celles qui n’hésitent pas à commercialiser, directement ou indirectement, l’ensemble des outils(matériels et logiciels) qui permettent de retirer les « protections » appliquées sur leurs propres média. De fait, ils permettent aux pirates de rendre des œuvres disponibles sur l’Internet. La boucle est ainsi bouclée… L’exemple type étant SONY.

Il ne faut pas oublier non plus que ces technologies ont un coût substantiel qui, bien évidement, est répercuté sur les consommateurs légaux et donc augmentent encore les bénéfices de ces compagnies… mais pas ceux des artistes !

Bien au contraire de ce qu’il prétend défendre, le droit d’auteur est plus souvent une entrave à la liberté de création et à la liberté d’expression. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’il fût créé en Angleterre suite à l’invention de Johannes Gutenberg. Le but caché étant de limiter l ’accès à la connaissance pour ceux qui n’avaient pas le luxe de se l’offrir.

C’est toujours le cas en 2013… « Certains » ont compris, dès le début de l’Internet, que ce dernier allait bouleverser de façon drastique l’accès à la connaissance brisant ainsi le système pyramidal en place depuis des siècles et dont seules quelques « élites » profitent réellement.

Il est trop tard ! L’internet à changé la face du monde en vingt ans à peine et il est vain de tenter de briser cette révolution. Par contre, il est possible de s’y adapter !

Les lois défendent la propriété intellectuelle mais ne défendent pas la liberté de partage et le bien commun. Le droit d’auteur est aujourd’hui une censure plus qu’une protection. ! C’est pourquoi je pense qu’il faut le réformer.

Au final, si le politique ne s’en charge pas, les citoyens seront contraints à un moment ou à un autre, à être hors la loi. Je vous propose donc d’être l’instigatrice de ce changement.

Je vous remercie, madame la députée, de l’attention portée à cet écrit et j’espère qu’il vous amènera vers une réflexion d’ouverture et de partage pour le bien de tous.

Cordialement,

Fabian Culot, Belgique

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