Retours sur la campagne pirate pour les législatives 2012

Superposition de plusieurs retours sur la liste de diffusion nationale du parti pirate et d’ailleurs. Je les copie-colle ici pour éviter qu’ils ne se perdent dans les tréfonds des archives, et pour permettre à tout un chacun de les consulter, commenter tranquillement. Vous avez aussi à la fin des billets à lire sur d’autres blogs. N’hésitez pas à poster les vôtres en commentaire ou à me les envoyer à netz @ sploing.fr pour que je les rajoute. J’en profite pour signaler que j’ai aussi mes propres critiques/propositions d’amélioration.

Antoine Walter en Alsace

Antoine Walter est un des héros de cette campagne, avec un très bon score national (+2%) en Alsace. Voici son premier bilan.

Les Bons Points :

MAIS

Les Points Négatifs :

Julie Decourbe en Alsace

Ce qui s’est bien passé

L’ambiance de la campagne était excellente ici au PPAlsace.

On a toujours réussi à trouver un consensus quand les discussions s’échauffaient, on s’est entraidé pour régler les problèmes techniques (dépôts des dossiers en pref, collage d’affiche, tour des circos, diffusion des infos sur les débats publics des différents candidats).

Je retire de cette première expérience électorale un bilan extrêmement positif au niveau humain.

La couverture médiatique a été, dans l’ensemble, avant les résultats, très positive. Les médias régionaux, pour la plupart, nous ont pris au sérieux, contrairement à certains candidats concurrents rencontrés lors des débats publics, qui nous ont clairement traités avec condescendance.

La campagne sur Twitter a été efficace. En tant que suppléante, et parce que j’utilisais mon compte personnel, je n’ai fait que RT le PP national et le PPAlsace, mais j’ai réussi à convaincre beaucoup de mes followers habituels de voter pour le candidat pirate de leur circo, ou au moins de prèter attention à nos idées.

Enfin, à titre personnel, alors que je me suis toujours volontairement désintéressée de la politique jusqu’à la veille des présidentielles je n’avais pas choisi mon candidat et j’étais même quasiment certaine de voter blanc, j’ai adoré cette campagne électorale !

Me «frotter» aux idées de l’UMP lors de notre unique réunion publique sur la circo 6701 a été véritablement une révélation, et je compte bien continuer dans cette voie.

Ce qui ne s’est pas bien passé

Moyens inadaptés

On a cherché à être originaux, économes et pratiques avec nos stickers, c’était gagné, mais ils se sont avérés insuffisants. Rien ne vaut une bonne vieille affiche en couleurs.

On a mal évalué le territoire.

Certains de nos candidats ont eut les pires difficultés à ratisser l’ensemble de leurs circonscriptions, et les candidats situés en zone urbaine ont eu d’avantage de facilités. Je parle pour moi, par exemple, j’ai équipé mes bureaux de vote à Strasbourg en une après midi sur mon vélo, tandis que nos collègues ont mis des jours à tout couvrir en voiture.

Nous étions, dans l’ensemble, assez démunis, à courts de moyens et de bras.

En fait, c’est sur le terrain que nous sommes inférieurs aux autres formations politiques, qui disposent d’une main d’oeuvre bien supérieure à la nôtre pour tracter, poser des affiches, etc.

D’autre part, on a eu beaucoup de mal à se faire inviter aux débats entre candidats. En général, soit on organisait notre propre évènement, soit on s’incrustait dans les salles, avec le risque d’être collés dans le public.

Retournement des médias

Le soir du premier tour, les medias locaux, qui nous avaient largement soutenus, nous ont carrément tourné le dos, malgré nos nombreux appels à rejoindre notre «QG de campagne» situé (stratégiquement) en face des locaux de France 3 Alsace. Nos pirates ont été refoulés à l’entrée par le vigile, nous n’avons pas été invités à nous exprimer à l’antenne.

Seule France bleue Alsace nous a accordé un petit temps d’antenne.

D’autre part, sur certains medias ultra locaux et en vogue (rue 89 Strasbourg par exemple) nous apparaissons dans la rubrique “autre” alors que la semaine d’avant, ils encensaient les «pirates».

Désagréable retournement de situation.

Enfin, j’ai pas mal de potes en région parisienne qui étaient intéressés par le Parti Pirate qui gardent un sentiment un peu désagréables du genre «c’est super de répondre au medias et de vous faire connaitre, mais quid des électeurs, vous êtes où quand on vous pose une question concrète sur les bulletins de vote, quel est mon candidat etc.» et qui ont finalement laissé tomber faute de retour rapide.

J’ai nuancé en expliquant que le timing était très réduit, que certains candidats n’avaient aucun moyen et se débrouillaient, que le national avait déjà du boulot par dessus la tête avec la gestion du site, de la demliqu, des forums, etc. mais du coup, y’a peut être des choses à faire pour progresser.

Ce que j’ai appris

On peut faire de la politique avec peu de moyens, mais surtout en conservant son identité et son franc parler.

Je reviens sur cette réunion publique : à aucun moment je n’ai essayé de faire guindé, j’ai préféré parler vrai, avec mes mots, avec ce que j’avais appris et compris, plutôt que de faire du populisme et d’utiliser des termes abscons et des idées éthérées.

J’ai vraiment eu le sentiment d’exprimer des valeurs qui m’étaient propres, et de ne pas faire un discours électoral de base.

C’était rafraîchissant, enrichissant, et j’espère, comme il a été dit plus haut que le Parti Pirate conservera, même si on accède à des postes importants un jour, cette image do it yourself” franche, et pleine d’autodérision et d’humour.

J’ai particulièrement apprécié de voir en direct sur twitter le boulot des autres candidats, les gens qui se sont déguisés pour poser leurs affiches, et surtout, un grand sourire collectif, contagieux, une belle énergie.

Keep it real, garder l’espoir. Tiens, ouais, l’espoir, la foi en quelque chose, c’est un truc que j’avais perdu, et que j’ai retrouvé au Parti Pirate.

Ce que je peux améliorer

Je me rends compte (avec un peu d’appréhension d’ailleurs, car c’est une partie de la campagne que j’ai volontairement occultée) qu’il va nous falloir une véritable stratégie d’action et de communication «de contact» pour les prochaines échéances électorales. Mais je suis confiante, je sais qu’on aura des adhérents nombreux et motivés qui viendront donner un coup de main.

Il va aussi falloir se faire un sacré carnet de presse, et même désigner un chargé de relations medias au sein de la section locale, un interlocuteur clé qui sait les draguer, leurs causer et les garder sous la main. J’aime pas ce fonctionnement, mais j’ai bien peur que ça soit nécessaire.

Comme les prochaines échéances seront européennes, certains d’entre nous ont évoqué hier soir des visites plus fréquentes à nos voisins allemands et suisses pour nous rapprocher d’eux et avoir une stratégie commune. Nous avons aussi la chance à Strasbourg d’accueillir des parlementaires en session plénière, il faut maintenir le contact avec nos députés pirates européens. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux, et réciproquement.

François Ludwig en Alsace

François Ludwig, candidat en Alsace, répondait à Julie Decourbe.

Je suis rélativement d’accord, le gros manque de cette campagne est la décentralisation hors de LA grande ville.

En effet, les candidats en zone péri-urbaine voir carrément en campagne, n’ont eu aucune aide dans cette campagne alors que ceux ci ont aidé les citadins.

J’y trouve 2 raisons :

Selon moi, il y a 3 choses qu’on doit améliorer pour les prochaines

campagnes :

En dehors de ça, j’ai remarqué que la campagne Internet à jouer pour beaucoup dans les GRANDES villes, j’ai une ville de 35 000 personnes et fait très peu de voix, j’en ai fait plus dans les villages qui ne savent pas encore qu’ils y a des chaines TV après la 3…

Les marchés, ca sert à rien ou presque… J’estime à 30/40 voix celles obtenues dans les réunions publiques et les marchés, soit un peu moins de 10%. Ca à un but informatif, mais pas électoral pour un mouvement comme le PP.

Jouez sur le local ca sert… J’estime (d’après certains dires, stats et mon avis perso) que mon nom de famille et le logo local du PPAlsace ont joué pour 20% environ de mon électorat, et cela sans que les gens ne s’interesse au PP, donc c’est utile de mettre en avant le local… dans des circo très portées sur le local.

Le must : Une bonne presse… Les journaux locaux ont pas mal parlé de nous, les chaînes TV nous ont au contraire snober, les radios étaient curieuses mais on n’y a pas trouvé d’écho. Le fait est que la presse régionale (pas l’internet, surtout localement) nous a rapporté la majorité des voix hors-agglomération, pour preuve, on as un candidat qui n’a pas fait de campagne ( 30% de Bulletin, mais jamais aucune réponse à aucun journaliste ni présence sur le terrain) et qu’il as fait 0,74% (362 voix) dans la circonscription la plus campagnarde et dialectophone du département, donc la campagne internet n’a servi à rien pour lui, et pourtant c’est plus de 350 personnes qui ont voté… ce qui le place 8/10 devant LO et PPLD, pas si mal.

Bref, une campagne en mode ALPHA test qui nous aura surtout appris à faire campagne :) Bravo à tous, et merci à ceux qui se sont investis :)

Anne-Marie Victor en Alsace

En réponse à Julie Decourbe et François Ludwig.

Ma circonscription électorale comprenait une ville centre de 12 000 ha, Saverne, des bourgs ruraux et des petits villages dispersés sur un territoire très étendu.

Malgré quelques bonnes volontés qui me sont venues en aide, je me suis sentie seule devant la tâche d’apposer des stickers sur tous les panneaux électoraux. Je n’ai pu mener cette tâche à bien. Quand je l’ai pu, j’ai ajouté un tract-affiche au sticker pour plus de visibilité et lisibilité.

À l’inverse de François, j’ai eu l’impression d’avoir une campagne assez efficace en ville eu égard au peu de moyens déployés à Saverne avec un bon résultat de 1,21%. La rédaction locale des DNA y a contribué par une égalité de traitement entre candidats et un débat public bien médiatisé auquel j’ai participé. J’ai pu en outre bénéficier d’un débat organisé par une association locale bien implantée.

En revanche, il y a eu peu de possibilités de rencontres avec la population en territoire rural et dans les bourgs. La circonscription comprend peu de marchés et il y a peu de lieux de rassemblement. Les mairies mettent assez facilement des locaux à disposition, mais des réunions non préparées localement et annoncées seulement par un communiqué de presse publié aléatoirement ne servent à rien. J’ai eu 0 public à Drulingen (plus d’une heure de déplacement pour y aller).

Quand il a été possible de rencontrer des habitants et de leur parler, à l’occasion de marchés ou d’une braderie, cela a été intéressant, à mon avis positif, une expérience enrichissante pour moi et que j’aimerais renouveler. Le terrain est indispensable et une campagne internet ne peut la remplacer entièrement.

Une bonne dynamique de groupe au sein de la section strasbourgeoise, malgré l’isolement ressenti par les candidats «ruraux».

J’ai comme tous réalisé mon premier apprentissage d’une campagne électorale: presse, relations avec les autres candidats, les autres partis, interventions publiques, tenue d’un blog de campagne etc

Je partage entièrement les remarques de Julie sur l’attitude de la presse après les résultats. Mais malgré cela, et tout comme elle, je suis prête à recommencer. Contrairement à ma vision préconçue d’une campagne électorale, j’ai vécu une expérience humaine enrichissante et intense que je suis loin de regretter malgré les difficultés rencontrées.

Guillaume Tisserant pour le Languedoc Roussillon

Tout ça avec des affiches, des bulletins, et… pas de circulaires (malheureusement). A priori nos bulletins ont été répartis correctement. Personne n’a fait de décompte, donc on ne sait pas si des bulletins ont été non comptabilisés.

On se retrouve au milieu des « petits partis » qui pourtant ont pour la plupart une visibilité bien meilleure que la nôtre. Nos résultats montrent qu’à priori, on a été plus efficace en ville qu’en campagne. (Mais il y a d’autre facteurs… par exemple, dans le Gard, on s’attaquait à un endroit ou le FN avait à la fois un fort électorat, et une star médiatique…)

Les + :

Les - :

On est super fatigué par la campagne, on a mis (comme, je pense, beaucoup de pirates) une énergie complètement folle la dedans, pour des scores un peu décevants.

Edouard DUCRAY dans la 1° circo de la Haute Loire

Cumul de plusieurs difficultés :

J’avais fait la totale :

Les plus : Une expérience magistrale et un excellent accueil auprès du public

Les moins : Beaucoup de fatigue accumulée et un budget conséquent (à mon échelle). Les réunions publiques tournaient souvent en une liste de griefs ou d’exemple de la maladie de notre démocratie.

Résultat : 380 suffrages pour 0.61%, premier petit parti ( devant LO POI Trefle MEI Alliance + sans étiquette) derrière Modem à 0.8% (7° sur 13 -oui il y avait deux PS).

Projet pour demain : Créer une section locale Auvergne.

Gérald Schwartzmann pour la 2ème circonscription de Côte d’Or

Gérard Schwartzmann a fait un compte-rendu plus complet sur son blog. J’ai sectionné-collé ses premiers paragraphes.

Mes résultats

J’ai 226 voix dans ma circonscription, soit 0,57% des exprimés ou encore 0,34% des inscrits. Je m’étais fixé plusieurs objectifs.

Première analyse des résultats

Avoir un candidat Pirate dans chaque circonscription de Côte d’Or ou encore une section locale du Parti aurait probablement créé une dynamique plus favorable pour atteindre ce dernier objectif. Vu le peu de visibilité du Parti Pirate, une circulaire aurait finalement été la bienvenue.

Grâce aux données publiques mises à disposition par le ministère de l’Intérieur, l’association Regards Citoyens met à disposition des fichiers contenant les résultats du 1er tour des législatives par circonscription ou par commune.

Ces données permettent de faire des analyses et éventuellement de développer des applications informatiques. Vous venez de comprendre ce qu’est l’Opendata. J’ai extrait les données qui me concernent et que vous pouvez télécharger ici (à lire avec LibreOffice).

Pour arriver à ce petit fichier, je suis passé par des étapes intermédiaires qui pourraient servir à d’autres candidats de ma circonscription ; je le leur mets donc à disposition, à lire avec LibreOffice. Vous venez de comprendre ce qu’est un modèle de travail collaboratif et mutualisé (modèle économique du logiciel libre).

Voici les communes où le pourcentage était le plus favorable au Parti Pirate :

Les villes de plus de 1000 inscrits :

Je vous laisse interpréter ces premiers résultats.

Articles sur d’autres blogs

Pourquoi les candidats pirates Hors de France ont été bons par Pablo Martin-Gomez, candidat dans le Bénélux.

Petit Pimousse au rapport : Ce fut notre premier scrutin national. Et oui, cela nous a transformé. Par Xavier Mouton-Dubosc.

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