Siemens aide la répression en Syrie et en Iran

Selon un reportage paru hier soir sur ARD, une radio-télévision publique allemande, Siemens a plusieurs contrats pour des technologies de surveillance et de censure des communications téléphoniques et Internet avec la Syrie. Ces contrats sont similaires à ceux qu’avait en France Amésys, filiale de Bull, avec la Libye de Kadhafi. Les contrats ont été signés en 2008 et sont «à l’évidence toujours valides».

Siemens avait déjà livré en 2000 un «centre de surveillance» à la société de télécommunications mobiles Syriatel. Une firme d’Aix-La-Chapelle, Ultimaco, avait aussi fourni en 2005 à Siemens des éléments qui ont sûrement servi à mettre à jour le système. En 2008, c’est Nokia Siemens Networks qui a livré au fournisseur d’accès à Internet STE un autre centre de contrôle des communications. Depuis 2009, tous les contrats sont traités par la firme munichoise Trovicor. Ironie de l’histoire, le slogan du site web de Trovicor est «Pour un monde plus sûr». Ça ne s’invente pas.

Ces fournitures de service sont choquantes en ce que dans ce régime où des opposants ou des aspirants à la démocratie sont tués tous les jours, fournir des services de surveillances des télécommunications s’apparente à de la fourniture d’armes. Vu que la communauté internationale a condamné la répression en Syrie, une telle démarche ne paraît pas très légitime. Outre la Syrie, des systèmes similaires sont aussi commercialisés en Iran et au Bahreïn.

Comme le rapporte le magazine FAKT de l’ARD pour la Syrie : 

«  Mohamed, syrien réfugié en Allemagne, explique comment les techniques de surveillance allemandes sont utilisées. Il a lui-même mis en ligne des vidéos de manifestation contre les autorités syriennes. Lorsqu’il a été arrêté, ses interrogateurs lui ont retracé tout son historique de navigation. Amnesty International rapporte des cas similaires.»

Vous pouvez voir le reportage en entier si vous parlez allemand : 

À remettre en ligne

Malgré le malaise que suscitent de tels accords commerciaux, il faut comprendre qu’il est difficile de résister à l’appât du gain et/ou à la tentation d’infiltrer indirectement les renseignements locaux. Le parti pirate, citant les mots de Stephan Urbach, un activiste du Netz, appelle à un débat national en Allemagne : 

« Nous avons besoin d’un large débat sur la responsabilité éthique des entreprises. Lors des derniers débats sur la question, le gouvernement n’a simplement rien changé. À présent, maintenant qu’il est clair que des firmes allemandes participent à la surveillance des populations dans les dictatures, cette négligence de l’État doit être réparée au plus tôt. »

Le Parti Pirate allemand a de plus ressorti un contrat de 1999 entre la Syrie et Siemens où il était marqué noir sur blanc que Siemens participait au contrôle (monitor) des communications syriennes.

À propos de Andre Meister

Andre Meister a étudié les sciences sociales à Berlin, blogue régulièrement à Netzpolitik et a cofondé la Digitale Gesellschaft.

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