Pourquoi un parti pirate européen devrait permettre et encourager les adhésions d’individus

In English et auf Deutsch

Les partis pirates veulent promouvoir la transparence de la vie politique. Ce n’est possible que si chacun peut vérifier de lui-même ce qui se passe dans le parti. Ça demande donc que chacun puisse participer. Dans ce billet, je vais tenter d’expliquer pourquoi et de suggérer comment y arriver. Les propositions valent autant pour une plateforme pirate européenne temporaire que pour un parti à venir.

Tout citoyen de l’Union ou d’Europe devrait être en mesure de participer au parti pirate européen. Participer signifie pouvoir soumettre des propositions, les discuter et les voter.

  1. Pourquoi ?
  2. Quelques obstacles évidents
  3. Comment les surmonter
  4. Quid des représentants et du respect de la divesité ?
    1. « À pays différents, poids différents »
    2. « Les officiels ont le pas sur les individus »
  5. Un système bicaméral
  6. Procédure de vote

Pourquoi ?

La participation ouverte de tous à la vie politique est un but en soi. Mais dans l’Union actuelle, cela prend un relief particulier puisque la Commission Européenne et le Conseil des Ministres décident souvent sinon toujours à huis clos, il faut montrer qu’un autre modèle est possible, concrètement. Si nous, les pirates, n’arrivont pas à montrer que la «Basisdemokratie» est possible, qui y arrivera ?

Quelques obstacles évidents

On peut douter de la viabilité d’un tel projet et trouver qu’il sera irréalisable parce que :

  1. trop de langues différentes sont utilisées en Europe
  2. des assemblées physiques doivent avoir lieu de temps à autre pour voter et délibérer
  3. un vote à la fois secret et sûr n’est pas possible sur Internet

Comment les surmonter

Well balanced and
rock-solid

Tout d’abord, je suis tout à fait d’accord sur le fait que la démocratie est un sacré bazar. Remontons à Platon pour nous en convaincre. D’autant plus la démocratie ouverte au niveau européen.

Mais quel serait l’objectif le plus important pour les pirates européens ? Permettre à tous de participer ou être efficace même si cela signifie est être déconnecté de la population ? Il me semble donc que nous devons essayer de résoudre les problèmes cités ci-dessus.

  1. Les traductions et le multilinguisme rendent la communication particulièrement pénible, mais ne la rendent pas impossible. Cela peut même aider en forçant à rendre les textes aussi compréhensibles que possible.

    1. Nous pouvons toujours compter sur les traductions automatisées et nos talents de déchiffrage.
    2. La plupart des européens parlent anglais, allemand, français, italien, espagnol ou polonais. Si le parti est assez grand, nous aurons assez de monde pour arriver à traduire les débats et réactions d’une de ces langues aux autres, et de là aux langues les moins parlées, suivant la maxime du meilleur effort. Cela suppose uniquement que le multilinguisme est pris en compte comme un vrai problème et que les pirates prennent du temps pour aider les autres à parler à l’échelle européen. En d’autres mots, cela suppose un esprit de coopération largement répandu.
    3. Il serait faux de penser que les traductions ne sont qu’une perte de temps. La plupart du temps, traduire implique de reformuler et oblige à préciser sa pensée pour être correctement traduit. De plus quand vous maîtrisez plusieurs langues, les traductions sont utiles pour vous faire une idée plus précise du sens d’un texte.
  2. Des assemblées générales asynchrones and décentralisées sont bien plus lentes que les réunions physiques, mais pas du tout impossibles.

    1. Tous les jours, sur les listes de discussion, twitter/status.net, les commentaires de journaux et de blogs, des millions de gens discutent et parfois arrivent à s’accorder.
    2. Discuter et décider sont deux choses différentes. Le vote est précisément là pour laisser décider la majorité décider même si aucun accord n’a été trouvé en discutant.
    3. Puisque le plus souvent, les listes de discussion et les commentaires de blogs sont difficiles à parcourir, un site web où les commentaires seraient notés et hiérarchiquement organisé faciliterait les discussions. Un sytème à la Slashdot ou à la Linuxfr conjugué avec un sytème de vote rendrait les choses plus facilement supervisables. Concernant linuxfr, comme le code source du site web est ouvert et tout neuf, il n’y aurait «qu’à» ajouter l’internationalisation et à introduire la possibilité de traduire automatiquement et manuellement.
  3. Il est vrai qu’un moyen de vote à la fois sûr et secret n’est pas possible sur Internet. Mais il n’est pas vrai que les gens ont besoin de voter à bulletin secret. La plupart du temps, dans les assemblées générales, les gens votent en levant la main, et tout le monde peut les voir. Pourquoi est-ce que ce serait différent sur Internet ? La triche est impossible avec des votes comptables par tout un chacun.

Quid des représentants et du respect de la divesité ?

Même si la basisdemokratie est ce que nous voulons, nous aimerions aussi qu’il existe un équilibre entre les différents pays et entre les porte-paroles officiels et les individus. Mon opinion est plutôt ouverte sur ces questions, donc je vais principalement esquisser ce qui me semblerait une opinion raisonnable sur le sujet.

À côté de la participation des individus, je vois deux autres critères à remplir pour le système décisionnel d’un parti pirate européen :

« À pays différents, poids différents »

Il serait injuste pour les populations et les pirates des plus grands pays d’avoir proportionnellement moins de poids que ceux des petits pays. La procédure de décision devrait donc prendre en compte tout ou partie des paramètres suivants :

Afin de permetttre aux plus petits pays de bloquer des propositions tout à fait inéquitables pour eux, une règle de la double majorité comme celle en vigueur au Conseil Europeén pourrait être utilisée.

De manière générale, une règle de la double majorité modifiée pour inclure les paramètres ci-dessus pourrait raisonnablement être utilisée comme une base pour déterminer les poids officiels des différents partis locaux.

« Les officiels ont le pas sur les individus »

Les opinions officielles des partis pirates officiels devraient être considérées comme plus légitimes que celle d’individus qui, ua fond, ne réprésentent qu’eux mêmes, et non pas un parti entier. On peut donc être tenté d’établir un conseil ou une petite assemblée composée par les représentants officiels des partis locaux qui auraient un droit de veto ou de décision ultime en cas de désaccord entre les individus et les officiels du parti pirate européen.

Un système bicaméral

Afin de satisfaire à ces deux critères ,établir un système bicaméral est une option envisageable.

Dans la chambre haute, nous aurions les représentants officiels des partis pirates locaux, avec la pondération précédemment esquissée. Il pourrait y avoir plusieurs représentants par pays. Dans la chambre basse, tous les pirates européens pourraient voter et discuter comme bon leur semble, même s’ils ont un autre rôle dans la chambre haute, et il n’y aurait aucune pondération des voix. Comme la chambre haute aurait le droit de bloquer les propositions inéquitables ou inacceptables de la chambre basse, les risques d’abus venant de la chambre basse seraient limités, tandis que l’innovation serait encouragée dans le «terrain sauvage» de la chambre basse.

Procédure de vote

Dans les deux chambres, ma préférence va à une procédure de vote de type Condorcet, parce que je préfère les décisions consensuelles à celles tranchées, mais ceci n’est qu’une opinion personnelle non directement liée au sujet du billet. La participation des individus peut être atteinte avec n’importe quelle procédure de vote non secrète. J’utilise souvent le système debian comme une base de départ. Le jugement majoritaire semble aussi une alternative plus simple et valable.

Ce qui est important toutefois, c’est que les deux chambres aient voix au chapitre, même si ce n’est pas sur les mêmes sujet et avec le même poids. La chose la plus importante est que tout soit public dans les deux chambres.

Commentez de préférence dans une langue que je comprenne à l’écrit, à savoir anglais, français, allemand, ou une langue latine. .

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